Employeur souhaitant recruter un étranger : comment l’aider pour son « admission exceptionnelle au séjour »? (5)

Intitulé bureaucratique :

Admission exceptionnelle au séjour par le travail dans les métiers et zones en tension
(article L. 435-4 CESEDA)

À quoi sert ce dispositif ?

Permettre la régularisation par le travail d’un salarié étranger en situation irrégulière, déjà inséré professionnellement dans un métier et une zone géographique en tension, sans passer par l’admission exceptionnelle « classique » de l’article L. 435-1.

Dispositif temporaire et expérimental, créé par la loi du 26 janvier 2024, applicable jusqu’au 31 décembre 2026.


Qui dépose le dossier ?

Le salarié étranger
La démarche est personnelle
L’employeur ne dépose pas la demande mais fournit les pièces professionnelles


Devant quelle autorité ?

Préfecture du lieu de résidence du salarié
Instruction partagée avec la plateforme de main-d’œuvre étrangère (PFMOE) pour la partie travail


Profil du salarié concerné

Étranger en situation irrégulière
Sans titre de séjour ou avec titre expiré non renouvelé
Exerçant ou ayant exercé une activité salariée en France
Dans un métier et une zone figurant sur la liste officielle des métiers en tension


Conditions légales cumulatives

Présence en France
Résidence habituelle en France depuis au moins trois ans

Article L435-4 du CESEDA :
A titre exceptionnel, et sans que les conditions définies au présent article soient opposables à l’autorité administrative, l’étranger qui a exercé une activité professionnelle salariée figurant dans la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement définie à l’article L. 414-13 durant au moins douze mois, consécutifs ou non, au cours des vingt-quatre derniers mois, qui occupe un emploi relevant de ces métiers et zones et qui justifie d’une période de résidence ininterrompue d’au moins trois années en France peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention “ travailleur temporaire ” ou “ salarié ” d’une durée d’un an.

Activité professionnelle
Justifier d’au moins douze mois d’activité salariée, consécutifs ou non
Sur les vingt-quatre derniers mois
Dans un métier et une zone en tension

Selon l’arrêté du 21 mai 2025, ces métiers sont déclinés par région et sont notamment :

  • Aides à domicile et aides ménagères
  • Aides de cuisine, apprentis de cuisine et employés polyvalents de la restauration
  • Cuisiniers
  • Agents d’entretien de locaux
  • Agents qualifiés de traitement thermique et de surface
  • Agriculteurs salariés, maraîchers, horticulteurs
  • Autres ouvriers non qualifiés de type industriel
  • Autres ouvriers qualifiés de type industriel
  • Bouchers
  • Charpentiers (métal)

Situation professionnelle actuelle
Occuper au moment de la demande un emploi relevant d’un métier et d’une zone en tension
Ou justifier d’une promesse d’embauche dans ce cadre

Conditions générales du droit des étrangers
Absence de menace pour l’ordre public
Respect du contrat d’engagement au respect des principes de la République
(article L. 412-7 CESEDA)


Pièces essentielles – côté salarié

Justificatifs de présence en France sur trois ans
Attestations d’hébergement, documents médicaux, administratifs, bancaires

Justificatifs d’activité salariée
Contrats de travail
Fiches de paie
Attestations d’employeur
Relevés d’heures ou plannings

Justificatifs d’intégration
Éléments linguistiques
Vie familiale
Insertion sociale


Pièces essentielles – côté employeur

Contrat de travail en cours ou promesse d’embauche
Métier exercé
Lieu d’exercice
Durée
Rémunération conforme au SMIC ou à la convention collective

Attestations d’emploi
Fiches de paie antérieures
Justificatifs de la réalité du travail effectué

Éventuellement
Lettre expliquant les difficultés de recrutement dans le métier concerné


Nature juridique du pouvoir du préfet

Pouvoir discrétionnaire
Aucun droit au séjour
Aucune automaticité
La circulaire du 23 janvier 2025 n’est pas invocable par le demandeur


Effets en cas d’acceptation

Délivrance d’une carte de séjour temporaire
Mention « salarié » ou « travailleur temporaire »

Ouverture du droit au travail
Sécurisation de la relation de travail
Fin du risque d’emploi irrégulier à compter de la délivrance du titre

Possibilité ultérieure
De basculer vers un autre fondement de séjour plus stable


Délais

Aucun délai légal de décision
Délais variables selon les préfectures
Souvent plusieurs mois


En cas de refus

Maintien de la situation irrégulière du salarié
Impossibilité pour l’employeur de maintenir ou embaucher légalement

Recours ouverts au salarié
Recours gracieux
Recours hiérarchique
Recours contentieux devant le tribunal administratif

Risque corrélatif
OQTF possible


Fondements juridiques

Article L. 435-4 CESEDA

Article L. 414-13 CESEDA

Article L. 412-7 CESEDA

Circulaire du 23 janvier 2025 INTK2435521J
(non invocable, ni opposable orientations internes)


Devant la complexité des procédures, un accompagnement est nécessaire :

https://consultation.avocat.fr/avocat-versailles/sofian-bouzerara-52827.html


Voici aussi :

Comment se maintenir en France ou se « faire régulariser » par le travail en 2026 ? – Panorama des dispositifs

Employeur souhaitant recruter un étranger : comment sécuriser sa situation en réussissant une demande d’autorisation de travail ? (1)

Employeur souhaitant recruter un étranger : comment sécuriser sa situation en réussissant sa vérification préalable du droit au travail avant embauche (2) ?

Employeur souhaitant recruter un étranger : comment sécuriser sa situation s’il est étudiant ? (3)

Employeur souhaitant recruter un étranger : comment sécuriser sa situation en veillant à la continuité de son droit séjour et de son droit au travail ? (4)

Employeur souhaitant recruter un étranger : comment l’aider pour son « admission exceptionnelle au séjour »? (5)

Employeur souhaitant recruter un étranger : en cas de suppression de poste, comment l’inscrire comme demandeur d’emploi auprès de France Travail ? (6)