Théologie du mariage ; ou le droit religieux à l’épreuve de la réalité contemporaine


« L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; Il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; Il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; Il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout ». (Première épitre de Saint Paul aux Corinthiens 13:04 à 13:07).

Le mariage. Cette institution sacrée entre toutes n’est pas définie pas nos lois civiles, comme si les rédacteurs du code civil n’osèrent pas appliquer leur science à une doctrine augustienne presque millénaire.

En réalité, il existe autant de conceptions du mariage qu’il y a de personnes. Ainsi son succès semble reposer sur la somme des concessions réciproques que les époux sont prêts à faire. Or, le mariage est aujourd’hui considéré comme l’acte de conformisme ultime et une restriction insupportable à la liberté charnelle. Alors pour tenter de déceler l’utilité du mariage, on s’en rapportera au Livre de la Genèse indiquant que la qualité d’humain est intrinsèquement liée à la nécessité de s’unir : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre » (Genèse 1:28). Et ce déterminisme très peu écologique se concrétise par l’amitié que se doivent les humains. En cela, pour Saint Thomas d’Aquin, l’amitié conjugale est une finalité qui prime le simple dessein de procréer. Donc une société bien organisée répugne la concupiscence dont le remède est, sauf légère anicroche, le mariage.

En Islam, se marier consister à dompter ses instincts, aussi il est dit que le couple marié est placé sous l’autorité suprême (Coran XVI, 72 ; XLII, 11). Et chez les Catholiques, le récit de la Ligature d’Isaac incite le pratiquant à l’abandon de soi. Alors qu’il était commandé de sacrifier son fils, Abraham en fut empêché in extremis par son créateur qui voulût seulement l’éprouver. À cet égard, la figure d’Isaac, le fils, symbole de postérité, semble infiniment sacrée et inaltérable.

Le mariage est donc un acte aveugle, dont on ne sait l’issue, ni même s’il sera heureux. Un véritable acte de foi, dont seuls les croyants semblent être à ce jour convaincus.

Le mariage confèrerait donc le don de l’immortalité, car elle est la promesse d’une postérité, au moins génétique, qui se répandra sur la Terre (et peut-être même au-delà !).